* Position: 80°02.9‘ N, 015°12.0‘ E

Lever 07:30 (youpi, du rab de grasse mat.)

Nous naviguons une grande partie de la journée, nous arrivons petit à petit vers la banquise.

Au fil de la navigation la glace se densifie. Nous l’entendons heurter l’étrave. C’est un son magique et difficile à transcrire.

Il fait froid mais le spectacle nous fait oublier la rudesse du climat, à tel point que le soir la Crapiotte a les doigts brûlés par le froid.

Sur notre route nous croisons quelques phoques et une multitude d’oiseaux.

La glace est couverte de traces d’animaux et de leurs festins passés. Cette contrée qui est des plus hostile est pourtant remplie de vie.

 

Cela nous laisse admiratifs.

Soudain, le pont s’anime. Les couloirs se remplissent au fur et à mesure que les cabines se vident. Les voyageurs pressés de sortir arborent un large sourire et une excitation palpable envahit les coursives. Un des passionnés de photographie qui lui aussi était dehors la nuit dernière, accourt vers la Crapiotte “il est là, il est là”. Mais qui est là ??? « C’est la mère Michelle qui a perdu son chat lalala »… le froid ramollit les neurones c’est bien connu.

Le roi de l’arctique est bel et bien là. Il est face à nous, paisiblement lové sur la banquise. Le bateau stoppe sa route et nous restons là à l’observer longuement. Ce gros mâle nous offre un spectacle incomparable.

Crapiotte a pleuré et en pleure encore (elle est d’ailleurs lyophilisée depuis le temps). Entre le moment de l’annonce et la découverte visuelle il se passe un laps de temps qui semble s’étirer longuement. Cette sensation unique, probablement celle du rêve proche de la réalisation, est semblable à celle de la première aurore boréale de Janvier 2016.

Nous devions arriver en cours de journée sur l’île de Phippsøya mais l’observation de l’ours à forcé l’équipage à revoir l’organisation.

Nous avons mangé à 18h puis avons accosté à 20h. C’était parfait car c’est à partir de cette heure que les lumières sont les plus belles.

Cette île, la plus grosse des 7 Îles, est connue pour abriter une importante colonie de morses. Malheureusement ces derniers sont en vadrouilles lorsque nous arrivons.

Toutefois, nous avons vu des cabanes de trappeurs et des os de baleines. Le paysage lunaire de l’île est perturbant avec des sols très différents de chez nous.

La pollution que l’on peut trouver sur cette île est un aspect très dérangeant de notre débarquement. Dès notre accostage nous mettons les pieds sur des gants de ménage, des bidons, des sacs plastique et même sur des chaussures.

Nous sommes sur l’île la plus au nord de l’archipel, la plus éloignée de la civilisation et pourtant… les courants marins et les pratiques peu respectueuses de certains plaisanciers font de ce lieu une décharge maritime.

Nous regagnons le bateau avec un sentiment très ambivalent sur notre journée. Nous sommes autant émerveillés, qu’attristés et choqués. L’espèce humaine est destructrice à un point qu’il est difficile d’imaginer et concevoir.


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