* Position: 78°14.1‘ N, 015°36.6‘ E

Il est 5h d matin (oui Tata, une fois de plus nous sommes fous 😉 ), il ne fait ni nuit, ni jour. La Crapiotte: “j’ai pas mes 12h de sommeil.. j’vais crever”. 

Une douce clarté bleutée nous annonce une longue journée.

Direction l’aéroport d’Oslo. Le hall est froid, impersonnel. Les machines ont remplacé la présence humaine pour la plupart des postes. Alors que nous nous dirigeons vers les bornes pour le chek-in, l’agent d’enregistrement qui contrôle tout le terminal nous envoie aux tapis spéciaux sans que nous sachions pourquoi. Nous espérons que cela n’entravera pas l’acheminement de nos sacs.

Nous errons pendant deux bonnes heures.

A 8h55 nous embarquons pour notre vol à destination de Longyearbyen. Après 3 heures de vol nous survolons les côtes du Svalbard, les reliefs, les couleurs, les formes des monts bordant la mer sont incroyables, complètement surréalistes. Nous avons l’impressions de survoler un paysage lunaire. La rudesse des glaciers se mélange aux textures et aux couleurs douces des montagnes. L’eau ruisselant des glaciers imprime dans les sols des dessins tels de gracieuses nervures.

L’aéroport de la ville est tout petit à l’image des aéroports de campagne, ne pouvant accueillir que deux avions dans le même temps. Pas de passerelles, ni de duty free, seuls quelques agents travaillent sur place (ils doivent être tout au plus une dizaine).

A l’arrivée des bagages nous faisons la connaissance d’un couple de français. De vrais baroudeurs ayant parcouru le monde de long en large. Nous passerons nos futurs repas à écouter leurs merveilleux récits de voyages (si vous nous lisez, merci pour cette formidable rencontre, pour tous les moments passés en votre compagnie et pour nous avoir fait rêver).

Une fois sur le parking, nous ressentons l’air froid sur nos visages. Le vent, bien que peu violent nous saisit. Les nuages laissent entrevoir de doux rayons de soleil. Le soleil, soleil de minuit, ne touchera pas l’horizon avant le 24 Août, nous offrant ainsi 24h de jour permanent.

Un peu plus loin, nous apercevons le panneau “attention aux ours”, un panneau longtemps attendu depuis que nous avons décidé de venir au Svalbard.

L’excitation monte d’un cran: ça y est, plus de doutes, nous sommes sur la terre des ours!

Nous trouvons très vite le bus du bateau d’ OceanWide Expédition, le transfert est très bien organisé. Les bagages sont pris séparément pour être déposés dans les chambres et une notre transport nous mène directement au centre ville de Longyerbyen.

La ville a des allures de far-west, de village de la ruée vers l’or.

De la poussière s’envole à chaque bourrasque de vent et au passage de véhicules. Ici les routes sont faites de graviers . Nous nous rendons compte que la ville est divisée en trois groupes: le plus à l’ouest les bâtiments d’habitations, au milieu la rue commerciale, puis à l’est les quartiers industriels.

Les maisonnettes colorées détonnent dans ce paysage pastel. Au loin nous pouvons distinguer les bâtiments portuaires ainsi que les installations d’extraction de minerai. Le système de transport de charbon ressemble aux téléphériques que nous pouvons voir en montagne, à ceci près qu’au lieu de véhiculer des touristes sur des bancs ce sont des bacs à charbon. Crapiotte adoooore et plane comme dans un rêve!

La rue principale compte une dizaine de bâtiments la plupart consacrés au commerce ou au plaisir des papilles. Un centre commercial regroupant cinq boutiques fait figure de mastodonte du commerce sur l’île.

Nous nous baladons dans les rues de la ville, faisons quelques courses, provisions pour le voyage et le plein de souvenir, puis nous terminons par la poste, pour acheter le nécessaire pour envoyer les cartes postales à nos familles.

Finalement la visite de la ville ne suffit pas à remplir le temps entre l’atterrissage de l’avion et l’embarquement dans le bateau. Nous avons attendu une bonne heure dans le port avant d’obtenir l’autorisation de monter sur le bateau.

L’Ortelius, est un ancien brise glace scientifique russe. Il s’agit d’un brise glace de catégorie A1, ce qui signifie qu’il peut naviguer dans des conditions de glace dites difficiles (épaisseur de la glace jusqu’à 0,8 m). Initialement baptisé « Marina Svetaeva », il fut construit construit à Gdansk en 1989 et fut totalement réaménagé à l’automne 2010.

Il mesure 90.95 mètres de long, 17 mètres de large et navigue à une vitesse de croisière de 12 nœuds. Ce navire pouvant accueillir jusqu’à 116 passagers est géré par 22 membres d’équipages nautiques, 19 professionnels hôteliers, un médecin et 10 guides d’explorations. La plupart des guides possédaient une formation de base scientifique: biologistes, glaciologues, etc.

Les cabines sont très belles. Lumineuses, spacieuses et bien équipées. Une télévision orne un des murs, sur celle-ci trois chaînes: la première est le programme du jour et les menus des repas ainsi que les heures auxquelles il faut se rendre au restaurant, la seconde donne la carte géographique sur le positionnement et le trajectoire du bateau, la troisième la webcam de la proue du bateau ( ouuuuh c’est rigolo ca!).

Le voyage commence par une réunion d’information obligatoire sur la sécurité et les consignes d’évacuation. Nous regrettons de ne pas avoir pu assister à la sortie du port de Longyearbyen. Nous aurions espéré pouvoir voir le départ du bateau et les premiers instants en navigation. Nous terminons la séance par un exercice de sécurité… pas de photos à l’appui car interdites. Mais promis nous étions troppp beaux avec nos superbes gilets de sauvetages! L’orange fluo va a ravir au Crapio!

Après tout cela nous nous rendons compte que tout est très réglé sur le bateau, les repas, les réunions et même le réveil… 7h tous les matins! Dur dur pour nous qui voyageons généralement seuls et à notre rythme!

Le dîner se passe dans une salle divisée avec deux travées de tables de six personnes de chaque coté, une partie est réservée aux voyages de groupe. Les autres passagers peuvent prendre place dans l’autre partie. Si vous souhaitez manger à plusieurs mieux vaut ne pas arriver en retard.

Une fois le repas terminé nous sommes allé chercher nos gilets de sauvetage et nos bottes pour les sorties en zodiac.

Nous finissons la soirée en découvrant les différents ponts, et en regardant les paysages. Nous naviguons dans l’Isfjorden puis débutons la navigation en mer ouverte.

Une belle première journée durant laquelle nous avons également eu la chance de pouvoir observer un groupe de baleines (Fine whale ou rorqual commun, la deuxième plus grande espèce de baleine au monde).

Malgré la magie des lieux nous allons nous coucher tôt car l’agencement des vols ainsi que les soucis de bagages ont trop écourté la nuit passée.


Galerie (cliquez pour agrandir):