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Lever 6h30, toilette et montée sur le pont arrière. Seul Jérôme me rejoint peu après. Nous prenons un café tranquillement en jouissant du panorama.
Le soleil enflamme les reliefs voisins.

A Vadsø nous prenons notre petit déjeuner tous ensemble. Le soleil est déjà en train de se cacher.

Nous remontons ensuite sur le pont. C’est là que nous passons la plus grande partie de notre temps.
Nous y admirons les belles maisons multicolores du bord de mer.

Ces moments ne sont partagés que par très peu de monde, la plupart des passagers préférant la chaude quiétude des salons.
Nous sommes en retard à l’arrivée à Kirkenes. C’est le dernier port de l’Hurtigruten. Dans quelques heures le Lofoten va remettre le cap au sud. Lors du précédent voyage, Kirkenes était non seulement la ville où l’on faisait demi-tour (ça n’a pas changé bien sûr) mais aussi celle du milieu du voyage et une sorte de nostalgie s’était emparée de nous à l’idée du retour. Cette fois-ci c’est un peu différent du fait du long séjour qui nous attend à Tromsø.
En attendant, des plaques de glaces dérivent à la surface de l’eau alors que le port est en vue.
La lumière est passée au gris sombre au moment où nous touchons au port.

Nous allons en ville à pieds et nous faisons notre petit tour. A présent il neige de belle manière.
Nous nous promenons le long du port avec ses chalutiers et ses casiers pour la pêche.

Il y a un mystère Kirkenes. Cette ville n’est pas très jolie. Les bâtiments y sont modernes pour la plupart, industriels par endroits. Et pourtant elle possède un charme indéfinissable….
Charme sous lequel Jérôme tombe immédiatement (j’allais dire inéluctablement).
Probablement que la neige y est pour quelque chose. Elle gomme ce qu’il pourrait y avoir de pas très esthétique. Pas sûr que nous aurions la même impression l’été.
Mais il y a aussi le port et ses bateaux russes, ses quartiers avec de jolies maisons colorées, ses inscription en cyrillique et un indéfinissable parfum de frontière et de bout du monde.


La neige a enseveli bon nombre de véhicules imprudemment garés au bord des routes.


Comment faire du collectif en respectant les individualités.

Comme dans bien des endroits, le réchauffement climatique, et la fonte des glaces qui en découle, risque de transformer la ville et son port. L’ouverture commerciale du passage du Nord-Est (ou route maritime du Nord) pourrait profondément modifier Kirkenes.

Malgré la neige, nous nous obstinons à prendre des photos.

Et c’est toujours sous la neige que nous allons faire quelques courses dans un supermarché où Roxane trouve de la laine pour ses tricots.

Nous regagnons le bateau et se déchaîne alors une tempête de neige qui par moments fait disparaître le paysage. Ces pauvres petits chiens de traineau luttent de toutes leurs forces contre les éléments.

(Bon, rassurez vous, ils sont en peluche).
Les flocons tombent presque à l’horizontale et fouettent les rares passagers attardés.
Des silhouettes fantomatiques s’agitent sur le port.

Nous appareillons à 12h45 alors que le bateau est balayé par les rafales de neige.

Nous protégeons comme nous pouvons les appareils photo, les objectifs et tous les interstices des vêtement par lesquels la neige peut pénétrer (ce n’est pas l’apocalypse non plus, faut pas exagérer!).

Nous regagnons notre cabine pour le repas pendant que le navire fait route vers Vardø. Le mer est très agitée et le bateau bouge. Si nous réussissons à nous accommoder du roulis nous avons plus de mal avec le tangage qui , selon que le bateau se soulève ou s’enfonce, nous fait passer de poids lourd à poids plume.
Nous sommes en mer ouverte et les vagues commencent à faire danser le bateau assez sérieusement.
Je descends sur le pont inférieur. C’est celui qui est le plus près de l’eau et qui par conséquent bouge le moins. Le point de vue près de l’eau est spectaculaire et différent de celui offert par les ponts du Vesterålen beaucoup plus hauts. On se sent près des éléments, on fait corps avec le navire. Curieusement il n’y a jamais grand monde qui s’y tient. Là encore je suis seul.
Et je rêvasse, bercé par la houle, admirant le long ruban blanc que le bateau tricote le long de sa coque.
Je vais chercher Dany qui se trouve sur le pont du dessus pour lui faire profiter du spectacle. Puis j’invite Roxane à nous rejoindre.

Whhaaaarf! L’étrave entrouvre la mer et se faufile dans la houle. Jets d’écume, embruns, dentelles blanches au sommet des vagues. Les gouttelettes projetées gèlent sur les rambardes et sur le pont.

Soudain, à quelques mètres de la coque, émerge un aileron bien net. Puis deux, puis trois. Des formes allongées surgissent de l’eau, courbes et graciles, avant de disparaître dans les flots. Des dauphins à becs blancs nous escortent. Je fais quelques photos au hasard mais surtout je profite du spectacle de visu. Fascinés, nous ne les verrons qu’une minute ou deux avant qu’ils ne disparaissent. Et nous restons là, scotchés, à espérer un retour qui hélas ne viendra pas.


L’escale de Vardø est écourtée pour cause de retard. Nous descendons cependant à terre Jérôme et moi et prenant garde de ne pas trop nous éloigner.

Ce qui n’est pas le cas de quelques passagers imprudents oublieux de l’horaire et que la sirène du bateau essaie de ramener à bord.
Le bateau repart alors que le jour décline lentement sur la mer de Barents et que l’heure bleue nimbe le paysage de sa couleur.
Jérôme et Roxane prennent chacun un comprimé de « Mercalm » pour prévenir un mal de mer qu’ils sentent venir.

Nous entrons dans le port de Båtsfjord et nous décidons de profiter de l’accalmie due à l’arrêt pour dîner.
La nuit qui va suivre sera un peu agitée. Le roulis nous fait taper une fois la tête une fois les pieds sur les extrémités de la couchette.

Très drôle !


Galerie.