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Ce matin, lever à 6h30. A 7h je suis seul sur le pont à l’arrière du bateau. La magie de l’an passé va-t-elle opérer?
Oui! Le charme s’empare immédiatement de moi. Solitude, espaces immenses, bercement de la houle, tout concourt au bonheur de l’instant.
Ces moments sont toujours de pures merveilles de calme et de sérénité. Je ne suis pas le seul à éprouver ce sentiment au sein de notre petite troupe.

Le ciel est nuageux avec par endroits des échancrures laissant filtrer un soleil qui illumine les paysages.

L’ensemble reste délicat et pas désagréable à voir.
Roxane et Jérôme ont passé une mauvaise nuit. Le bateau a roulé et ils ne sont pas très en forme (finalement ça n’a pas été calme pour tout le monde).
De nouveau s’offrent à notre vue ces paysages de neige ponctués de-ci de-là par les petites touches multicolores des maisons. C’est vraiment très joli.
En approche de Havøysund et de son champs d’éoliennes, le ciel nous gratifie d’une subtile palette de gris, de bleus et de roses .

Nous faisons escale à Havøysund. Il s’agit d’un petit village d’à peine plus de 1000 habitants. Malgré cela de nombreux passagers descendent et montent à l’escale.
Sur une petite table, deux femmes proposent de l’artisanat local.

Il ne faut pas oublier la fonction « travail » du bateau. Aux escales du matériel est débarqué et embarqué par le personnel du bateau.
Pas de porte de porte latérale comme sur le MS Vesterålen de l’an passé et en conséquence pas de chariots élévateurs qui entrent et sortent des cales. Sur le Lofoten c’est la grue du bord qui charge et décharge le fret.

Nous continuons ensuite notre route vers Honningsvåg, une ville un peu plus grande que Havøysund avec ses 2500 habitants.
Le paysage se pare toujours de ces belles nuances de gris.


Depuis le pont nous assistons à l’accostage.

Nous descendons faire un tour en ville si tant est que l’on puisse appeler cette agglomération une ville. Il faut 5000 habitants pour mériter l’appellation ville en Norvège.

Honningsvåg est avant tout un port de pêche. C’est aussi la ville du départ des excursions vers le Cap Nord.


Nous déambulons dans l’artère principale verglacée en essayant de garder notre équilibre. Finalement, nous enfilons nos crampons.

Honningsvåg peut également s’enorgueillir d’abriter l’artiste probablement la plus septentrionale d’Europe continentale. Erica Haugli expose ses œuvres dans sa galerie mais aussi sur la rue où l’on peut voir ses compositions à base de chaussures, de bottes, de tongs.

Voir la galerie de Erica Haugli.
Une belle note de couleur et de gaité dans une ambiance qui ne cesse de s’assombrir.

Nous remontons sur le bateau pour prendre notre repas. Ce qui se révèle toujours être un exercice délicat. Encore qu’aujourd’hui, nous bénéficions d’un navire à l’arrêt.

Je termine rapidement mon déjeuner pour aller observer l’équipage qui se livre à un exercice d’alerte au feu avec mise à la mer d’une chaloupe de sauvetage.
Tout le monde semble bien connaître son rôle. Les pompiers s’équipent pendant que d’autres marins descendent l’embarcation de secours dans le port. Ça rassure ou ça angoisse selon son caractère.

Le temps vire à l’exécrable (on s’en fiche un peu, nous aimons ça) et nous allons quitter le port sous les rafales de neige.
Et puis non! Nous ne partons pas. Un camion rempli de caisses de poisson vient d’arriver en retard sur le quai.
Les caisses doivent d’abord être déchargées du camion puis levées avec la grue du bord pour être introduites dans les cales du navire.


Le personnel à terre et à bord s’affaire sans perdre de temps.
Il neige et il ne fait pas chaud. Le bateau prend du retard et part 35 minutes après l’horaire prévu. Les caisses seront déchargées au port suivant , Kjøllefjord. Peut-être vous demanderez vous (comme nous) « mais pourquoi embarquer une cargaison pour une distance si courte? ».
Si par le bateau il ne faut que environ deux heures de navigation, par la route il y a près de 400 kilomètres à parcourir le long d’un profond fjord sur des routes enneigées et sinueuses. Le bateau est donc la solution !
Nous appareillons sous une tempête de neige.

Enfin, ça y est nous sommes en mer.
La température est descendue à zéro.
Nous approchons des falaises de Finnkirka que nous n’avions pas pu voir l’an passé.
Mais nous les distinguons avec peine. D’une part la visibilité est mauvaise et d’autre part à cause du retard pris, la nuit tombe. Nous ferons peut-être mieux la prochaine fois!
Un petit bateau rapide s’approche bientôt du Lofoten et vient se ranger contre sa coque. Un pêcheur local s’extirpe de l’embarcation et monte à bord avec des crabes royaux en vue d’une animation sur le pont arrière.


A Mehamn, nous déchargeons un motoneige. C’est le scooter norvégien.
Nous prenons notre repas de lyophilisés. Roxane est un peu barbouillée par le roulis du bateau. Nous montons une dernière fois sur le pont. Il neige toujours et il n’y aura donc pas d’aurores boréales ce soir.
Erreur! Le ciel se dégage soudain et laisse apparaître la trace laiteuse annonciatrice d’une aurore. Elle s’illumine soudain et se pare de volutes vertes teintées de jaune, de rouge, gazes diaphanes agitées par un géant céleste.
Toute la voûte du ciel s’allume. Et ça danse dans tous les sens, à droite, à gauche, au dessus du bateau.
Il y a là une quinzaine de personnes qui se gèlent sur le pont le plus haut du navire. Je ne photographie pas et préfère m’en mettre plein les yeux. Comparé à hier, le spectacle est encore plus, plus… Que de superlatifs en suspension.
Puis les lumières se fondent avec les nuages et disparaissent.
Un grand merci à la nature, ordonnatrice de telles fééries.
Nous regagnons nos cabines en empruntant des escaliers extérieurs gelés et pour tout dire « casse-gueules ».
Au lit tout le monde.


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