Lever 7h30. Dehors il neige (évidemment dehors…).
Le buffet du petit-déjeuner est d’une grande abondance et il y en a pour tous les goûts.
Ce sera petit déjeuner classique, ou à la française, pour les femmes et à la norvégienne, c’est à dire harengs et autres spécialités locales (que les femmes trouvent infâmes), pour les garçons.
Avant une ballade en ville, nous emmenons le surplus de bagages qui ne servira pas sur le bateau à l’hôtel où nous dormirons dans quatre jours (enfin, si tout va bien cette fois). La météo est très changeante. Neige et soleil alternent alors que nous flânons sur le port et le long des quais.

Un monument à la mémoire des chasseurs de baleines se dresse sur une place non loin du port.

La ville n’est pas désagréable. Beaucoup de bâtiments modernes y côtoient de vieilles maisons en bois multicolores.

Nous allons prendre chocolat chaud, thé ou café dans un bistrot sympa du centre-ville.
Ensuite direction… le « Burger King » pour déjeuner (je vous jure que nous ne touchons rien pour la pub).

Nous flânons en attendant l’arrivée du MS Lofoten sur lequel nous allons passer les quatre prochains jours.
Nous nous rendons sur le quai où le bateau doit nous embarquer. Soleil et petit vent presque glacial sont au rendez-vous.
Le Ms Lofoten fait entendre un coup de sirène grave au moment d’apparaître.

Les manœuvres se font à l’ancienne. L’ancre bâbord est descendue et le bateau pivote dessus pour se mettre à quai (enfin, il me semble vu mes compétences maritimes).

Nous montons sur le bateau par une passerelle à l’ancienne (comme deux d’entre nous sont aussi à l’ancienne il y a harmonie).

Nous nous rendons ensuite à la réception pour les formalités d’enregistrement (là, c’est moderne).
Ça y est, nous avons nos cartes, véritables sésames à bord. Elles permettent de descendre et de monter aux escales, d’ouvrir et fermer la porte de nos cabines.

Nous partons à le découverte du navire. Sa construction remonte à 1964. C’est l’ Express Côtier et son armateur est Hurtigruten. Il est très différent du MS Vesterålen de l’an passé aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur.
Les intérieurs sont chauds avec pas mal de bois, de cuivre et de cuir.


Vu de l’extérieur les lignes du bateau le font ressembler…à un bateau (riez, riez, ce n’est pas le cas de tous les navires…).
Les ponts s’étagent depuis le poste de pilotage jusqu’au pont inférieur qui se trouve très près de l’eau.


Près du Lofoten un paquebot de croisière est à quai, énorme ville flottante aux contours rébarbatifs.
« Il est moche » me souffle un voisin. J’abonde dans son sens. « C’est bien pour ça que nous sommes sur celui-ci » me rétorque t-il.
Nous prenons possession de nos cabines respectives, la 205 et la 207 (les cabines sont exiguës, il n’y a pas assez de place pour y danser). Nous remontons ensuite sur les ponts pour contempler l’activité du port et assister à l’appareillage.

Il est 18h30 et il ne fait pas chaud du tout mais l’ambiance est joyeuse.

Vers19h nous décidons que le repas lyophilisé ne peut plus attendre. C’est un moment de franche rigolade. L’espace dans la cabine est restreint et relativement instable.
Il faut d’abord faire chauffer l’eau avec le thermoplongeur, puis choisir son repas.
« Ta soupe, à la tomate, chinoise ou aux légumes? »
« Bœuf Strogonoff ou bœuf forestier? »
Le choix arrêté, verser soigneusement l’eau dans le paquet, mélanger, refermer, attendre environ 10 minutes (Ne pas trop tenir compte du mode d’emploi qui préconise de fermer puis de mélanger avec une cuiller…).
Ouvrir et déguster en tentant de ne pas en mettre partout.
Durant ce repas gastronomique à souhait la nuit est tombée et nous sommes en mer.
Nous voici enfin rendus au moment crucial attendu par Roxane depuis… l’an passé. Roxane est montée sur le pont pour fumer. Irrésistible envie qui la ferait embarquer sur un radeau pneumatique si c’était le seul endroit où fumer.
La voilà qui redescend dans la cabine.
« Venez voir, elle est grise et toute petite, mais c’en est une ».

Il s’agit d’une aurore bien entendu. Le temps de monter l’aurore a grandi et emplit tout le ciel
Elle se déploie en draperies vertes évanescentes ou au contraire qui gagnent en intensité.

Les ondulations se font tantôt rapides tantôt lentes, tantôt de couleur pâle et soudain plus vive.
D’autres passagers sont montés sur le pont. Les photographes sont là. Je fais quelques photos. Le spectacle dure jusqu’à Skjervøy.

Arrivé au port, le bateau allume toutes ses lumières. Fin de la vision.
Nous observons le port un moment puis redescendons vers les cabines. Il n’est que 22h30 mais les couchettes nous attendent. La nuit sera calme.


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