Du 27.01 au 28.01.

Peu à peu le jour se lève, mais cette fois-ci le soleil illumine le sommet des montagnes.
De nouveau des paysages fait de somptueux pics enneigés, de petites bandes côtières avec leurs maisons rouges perdues dans la neige, de petits villages au bord de l’eau. Nous ne nous en lassons pas.

Séance photos en compagnie de E. .

Le thermomètre, à l’abri, marque 1 degré et nous, nous sommes en plein vent. Descente dans la salle à manger pour le petit-déjeuner.
Les petits-déjeuner sont salés ou sucrés selon les envies du moment.
Le midi, buffet libre avec poissons marinés, cuisinés, saurs … Viandes et légumes (c’est à dire le plus souvent pommes de terres) sont proposées ensuite. A noter l’omniprésence de poivrons. Pourquoi ? Mystère. Les desserts, fruits et gâteaux ne sont guère variés. Le personnel est agréable. A l’entrée du restaurant il faut se nettoyer les mains avec une mousse. C’est d’ailleurs obligatoire à chaque fois que nous rentrons dans la navire après être allé à terre. Hygiène, hygiène…
En sortant et en entrant dans le bâtiment, nous devons passer notre carte d’embarquement sous le lecteur de code barre.

Escale vers 11h 15 à Finnsnes. Nous nous éloignons peu du bateau, l’escale ne dure que 45 mn. Encore faut-il préciser que si le navire arrive en retard, il part (presque) toujours à l’heure prévue. Ainsi le temps de l’escale peut-il être notablement plus court que celui auquel on s’attend.
Départ vers Tromso en passant sous le pont Gisund.

Nous accostons à Tromso à 14h30. Nous avons 4 heures devant nous. Nous prenons le bus jusqu’à la cathédrale arctique de l’autre côté du bras de mer qui sépare Tromso en deux. Les abords sont recouverte de glace et vraiment casse-gu…e… glissants. Pas facile de prendre des photos dans ces conditions.

Nous visitons un intérieur un peu froid, fonctionnel, un peu décevant par rapport à ce que pouvait laisser espérer un extérieur très réussi.
Vu la patinoire qui entoure la cathédrale, j’ai dû faire cette photo cramponné à un arbre. Ah!.. ça se voit…
En plus, la présence du bâtiment de service n’est pas très heureuse.

Nous retournons en ville toujours en bus. Le centre ville enneigé est déblayé au bulldozer et la neige stockée dans des rues interdites à la circulation.


Nous flânons dans le centre, découvrant une curieuse librairie consacrée aux bandes dessinées, ou l’église du centre ville.
Nous faisons un passage dans un magasin de souvenirs installé dans une maison ancienne en bois comme il y en a beaucoup dans la rue principale.
Retour au bateau pour le traditionnel thé dans la cabine. Montée sur le pont arrière pour ensuite assister au départ.
Le panorama nocturne sur la ville est très beau.

Départ du port ou plutôt faux départ puisque nous nous arrêtons un peu plus loin. Panne ? Problème technique ? Embarquement de matériel prévu ou imprévu ?
Finalement nous partons pour de bon.
Lassés de glisser et de risquer la fracture à chaque fois que nous mettons le pied à terre, Roxane a acheté à bord des crampons amovibles qui se fixent sous les chaussures.
A nous la glace !
Et pendant que nous tentons de survivre au froid habillés comme ceci…
…les marins norvégiens déambulent sur le pont en chemisette. Ils se permettent même de s’arrêter pour faire un brin de causette.

Le passage du Cercle arctique nous a fait pénétrer dans un monde nouveau. Un monde qui tient probablement beaucoup de notre imaginaire.
Qu’est ce qui a changé en fait? Difficile à dire, mais la lumière n’est plus la même, les paysages sont plus grandioses, et l’ambiance est envoûtante. C’est tout en sensations curieuses qui nous remplissent de joie et d’un profond sentiment de plénitude en découvrant ces contrées nouvelles pour nous.

Le lendemain matin, petite escale de 45 minutes à Hammerfest alors que nous sommes toujours au chaud dans nos couchettes puis cap sur Havøysund. Nous nous sommes levés à 7h15 afin de prendre un copieux petit déjeuner. Nous allons être de l’excursion du cap Nord et nous avons décidé de sauter le repas de midi.
Le paysage est toujours aussi prenant et nous passons le plus clair de notre temps sur le pont.
Sur le bateau puis sur le port d’Honningsvag nous observons de fabuleuses lumières qui nimbent le ciel, un arc circumhorizontal (sous réserve vu mes connaissances en météorologie). Le phénomène serait assez rare.
Départ en car à 11h30 pour le cap Nord. Le conducteur du car nous semble rouler à fond. Peut-être est-ce l’étroitesse de la route qui donne cette impression. A 12kms du but la route est coupée par une barrière et le reste du voyage doit se faire en convoi derrière un chasse neige. Impressionnant.
La neige qui tombe gèle sur les glaces du car effaçant le paysage.


Nous arrivons enfin au cap Nord. Le paysage est sauvage et désolé. Seul, planté au milieu du décor, se dresse un bâtiment, à la fois musée, boutique de souvenirs, restaurant…


Peu de monde en dehors des voyageurs de notre bateau.
Nous garnissons nos chaussures de nos beaux crampons tout neufs, et en avant.
Le lieu est magique. L’isolement est total pourvu que l’on ait le bâtiment dans le dos.
Il y souffle un vent absolument dément. Je me vois arraché mon sac photo qui vole un peu plus loin. La marche est parfois pénible. Autour il n’y a que du roc, de la glace et de la neige. Pas de maison, pas d’arbre. Face à nous l’immensité de le mer.

En fait, le cap Nord n’est pas la pointe la plus au nord de l’Europe continentale. Celle-ci se trouve être le Knivskjellodden que l’on peut voir sur la gauche du cap.

Nous sacrifions à la photo devant le globe qui marque le cap puis nous nous promenons, toujours luttant contre le vent.
Avec Roxane nous photographions tout ce qui tombe sous notre regard.
Malgré tout il sera bien difficile de rendre compte du charme de l’endroit.
Ici, seul le vent se fait entendre, seuls la glace et le froid ont leur place.


Nous passons à la boutique faire provision de magnets et autres souvenirs.
Nous nous arrachons du lieu avec regret tant l’endroit est fascinant.
Retour, toujours derrière le chasse neige, avec de splendides échappées vers les fjords et sur les maisons qui les bordent.


Nous revenons au port qui est transformé en patinoire.


Départ d’ Honningsvag à 14h45 alors que la nuit tombe déjà.
Le bateau passe ensuite devant des falaises qualifiées de « plus gracieuses de Norvège ». Mais il fait nuit noire et nous ne voyons rien sinon quelques lumières un peu kitchs qui les illuminent faiblement.
Avec Dany nous redescendons dans la cabine et Roxane reste sur le pont (la clope) .  Soudain Roxane ouvre violemment la porte de la cabine: le haut-parleur vient de cracher « Northern lights ».

C’est la ruée. Dans la coursives, toutes les portes s’ouvrent et une foule de gens pressés se dirige vers les ponts. Aurore boréale en vue. Le mot magique est lancé.
Eh oui ! Il y en a une qui commence timidement à serpenter dans le ciel pour une fois bien dégagé. Ce n’est au début qu’une forme laiteuse qui oscille lentement. Elle s’intensifie peu à peu en tirant vers le vert et s’étend d’un côté à l’autre de la demie sphère céleste. Ça mitraille de partout.
Je retrouve Roxane.
-Alors, as-tu pleuré ?
-Oui.
C’est bien ce qui était prévu !
Sans en manquer une miette de visu je fais aussi des photos. L’équipage a mis de la musique qui ajoute au caractère surnaturel du spectacle.
Nous restons ainsi, béats et avec je suppose un sourire idiot aux lèvres, pendant environ 1 heure. Nous redescendons dans le bateau, frigorifiés. Enfin, c’est à ce moment que l’on se rend vraiment compte que l’on a froid.
Nous allons diner tous les quatre, euphoriques. Au menu crabes, langouste et crevettes.
Nous retournons ensuite sur le pont habillés de pied en cape comme pour le pôle Nord. Les aurores sont parties et nous allons nous coucher. En gardant nos sous vêtement polaires, dès fois que… (faut bien être cinglés).
Je commence à m’endormir lorsque Roxane pénètre comme une folle dans la cabine.  « Vite, habille-toi, il y en a une qui bouge dans tous les sens ». Je monte sur le pont sans prendre le temps de m’habiller complètement. Hélas, les lumières s’esquivent déjà . Évidemment je me gèle d’une manière pas possible. Je fais tout de même quelques photos de la belle devenue bien pâlichonne. Au moins, Roxane aura pu se faire plaisir avec le spectacle. Du coup, pour ne pas être pris au dépourvu par une nouvelle alerte, je garde mes chaussettes (de plus en plus givré je vous dis). Mais plus rien.

Le rendu des aurores en photo pose un problème. Il est nécessaire d’opter pour des poses longues (ou une sensibilité poussée) et cela fausse le résultat. Les aurores que nous avons pu voir étaient dans la plupart des cas plus pâles, voire beaucoup plus pâles, que sur les photos. Quelques unes étaient vraiment éclatantes. C’est la première fois que nous étions confrontés au phénomène et nous avons fait de nombreuses erreurs. Difficile de dire aujourd’hui à quel point ces photos sont éloignées de ce que nous avons vu. De plus, sur un bateau, ça bouge! Les photos perdent ainsi de la délicatesse des aurores.