Du 25.01 au 26.01.

Nous nous sommes levés tôt, l’arrivée à Trondheim se faisant à 6 heures du matin.

Après avoir déjeuné, nous partons en ville alors qu’il fait encore nuit. Il va falloir s’y habituer, le jour va se réduire comme peau de chagrin à mesure que nous progresserons vers le nord.

Il pleut et nous nous dirigeons difficilement de la zone portuaire vers la ville. Il a beaucoup neigé, les trottoirs ne sont que peu dégagés. De surcroît, ça glisse énormément. Ici pas de sel de déneigement mais de petits gravillons qui sont semés sur les trottoirs. Quelques piétinements plus tard, ils se sont enfoncés ou ont été recouverts de glace. Piège fatal pour le voyageur novice qui les apercevant croit à une surface praticable alors que les gravillons sont sous la glace et qu’il va en fait mettre les pieds sur une vraie patinoire.

Les rues du centre ville sont illuminées. La pluie rend la prise de photos difficile (sans compter qu’il faut garder son équilibre). Nous arrivons enfin à la cathédrale entourée de son vieux cimetière. Très bel endroit, très calme, bien enneigé.
Retour vers le bateau par le bord de la Nidelva, de son vieux pont et des ses maisons multicolores. Notre ballade aura duré 2 heures et nous sommes de retour bien avant l’appareillage. Il faut préciser qu’une de nos grosses angoisses pendant ce voyage aura été de manquer le départ du bateau. C’est un bateau de ligne et il ne nous attendra pas.

Après le repas de midi nous montons sur le pont par intermittences, le vent et la pluie ont effet très dissuasif.

Nous passons près du Kjeungskjaer, un très joli phare en mer.

A plusieurs reprises, nous avons pu observer l’équipage en plein travail de nettoyage et de maintenance du bateau. Lavage à grande eau, reprises de peinture, graissage des agrès, vérification des canots de sauvetage…

Vers la fin de l’après midi nous empruntons le Stokksundet, un passage très étroit entre deux iles. Un coup de sirène prévient du passage.

L’heure bleue s’invite aux environs de 16h30. C’est un instant délicat et paisible où le ciel nous régale alors de toute une gamme d’azurs plus ou moins marqués.
Repas du soir, toujours très soigné, avant d’arrivé à Rørvik où nous assistons à un ballet de « Manitous » qui chargent et déchargent le bateau. Très efficaces.
Ensuite, cabine et couchette.

Aujourd’hui, c’est LE JOUR où nous allons changer de monde.
Lever de très bonne heure pour le passage du Cercle polaire arctique.
Moment magique même si nous ne savons pas encore très exactement à quel moment s’est produit le passage. Lever du jour à l’avant du bateau. Peut-on encore appeler ça « lever du jour » vue la luminosité très réduite?
Nous croisons le MS Lofoten. Les deux bateaux, enfin leurs équipages, échangent un coup de corne ou plutôt de sirène.

Cette fois-ci nous sommes vraiment dans le Grand Nord. Les paysages sont admirables mais il ne fait pas chaud, les nuages sont bas et les averses se succèdent.
Nous faisons une brève escale à Ørnes sous un ciel chargé.


Un peu plus tard Neptune préside la cérémonie du passage du Cercle polaire à laquelle nous allons participer sur le pont arrière.
Nous sommes passés à 7h12mn. J’avais joué 7h22. Tous les passagers étaient invités à parier sur l’heure de passage. Le plus près gagnait le pavillon de la compagnie qui lui était remis lors de la cérémonie. Mais ensuite il fallait, pour le lauréat, affronter l’épreuve de la louche de glaçons versée dans le cou.
C’est une passagère qui a gagné et le pavillon et les glaçons.
Toutes les autres personnes qui assistent à la cérémonie peuvent aller boire un petit verre de schnaps à condition…de se faire eux aussi verser la glace dans le dos.

Pour avoir droit à ce qu’il y a à droite dans les verres, il faut d’abord se faire verser dans le cou ce qu’il y a à gauche dans le saladier! Le tout reste bon enfant, mais visiblement, les Norvégiens prennent du plaisir à ce petit rituel.
Évidement après ça, direction la cabine pour se changer.
Les ponts sont désertés pour cause de pluies intermittentes.

Nous arrivons à Bodø à midi et demi. Repas et balade en ville. Beaucoup de villes côtières furent détruites lors de la dernière guerre mondiale et de ce fait ne présentent pas un intérêt particulier. Malgré tout déambuler dans leurs rues n’est pas déplaisant.
Nous retournons sur la bateau qui appareille à 15 heure.
Un demie heure plus tard le soleil se couche. A 16 heures il fait nuit. Nous traversons le Vestfjord, un passage en pleine mer qui va nous conduire aux iles Lofoten.
La mer se creuse et le bateau bouge un peu. Les giboulées de pluie et de neige mêlées fouettent le navire.
Escale aux Lofoten, à Stamsund puis à Svolvaer. Nous nous aventurons en ville sur un sol totalement verglacé. Équilibre instable et petits pas nous conduisent difficilement jusqu’à l’église. Quelques photos en s’accrochant pour ne pas tomber et retour vers le bateau à pas comptés.
Nous espérons voir des aurores boréales le ciel s’étant miraculeusement dégagé. Quelques étoiles brillent ça et là. Départ de Svolvaer en longeant les séchoirs à poissons. Sorti du port le bateau bouge beaucoup.
Nous nous engageons dans le Raftsund, encore un passage très étroit sur lequel donne le Trollfjord, un petit fjord perpendiculaire à la route empruntée par le bateau.
Nous montons sur le pont avec Roxane alors que Dany reste dans la cabine.
Le bateau s’arrête devant l’entrée du fjord. Un petit « pot » a été organisé sur le pont.
Le temps est épouvantable. Il neige et il fait froid. Il est environ 23 heures.




Soudain l’équipage allume un projecteur et balaye de lumière les parois rocheuses si proches.
Roxane descend chercher Dany et à leur retour la neige qui tombe redouble d’intensité. Après une dizaine de minutes d’arrêt le bateau repart.
Il est minuit et le navire continue sa progression entre les montagnes enneigées qui enserrent l’étroit passage où nous naviguons. Nous n’en distinguons que les silhouettes fantomatiques. Il est 1h30 lorsque nous regagnons notre cabine.