Du 22.01 au 24 .01.

De quel imaginaire enfouit ce voyage est-il le fruit? De quelle lecture de jeunesse est-il le prolongement? Difficile à dire aujourd’hui.
Voyager à bord de l’Express-Côtier de Norvège est longtemps resté un vieux rêve inaccessible.
L’envie d’observer les aurores boréales, quoique plus récente, semblait elle aussi hors de portée.

Roxane a mis un terme aux rêveries pour entrer dans la réalité. « C’est décidé, je vous emmène en janvier de l’année prochaine voir les aurores boréales».
A ce moment s’ouvre une toute autre séquence. Prévoir, envisager, réserver. Toutes ces choses qui peu à peu dessinent un voyage, un vrai.
Ce 22 janvier 2016, c’est en avion, via Amsterdam, que nous gagnons la capitale norvégienne. L’avion déréalise le voyage et le transforme en transport. C’est rapide mais purement utilitaire (mis à part quelques jolies vues).

A l’atterrissage à Oslo, le thermomètre pointe si l’on peut dire à -21 degrés.
Nous gagnons le centre-ville en train. Une petite neige glacée enrobe la capitale d’une atmosphère un peu irréelle pour qui arrive de loin.

Nous avions imaginé pouvoir nous promener dans Oslo et découvrir la ville. C’était sans compter avec la nuit qui tombe vers… 15 heures 30.

Nous déambulons dans les rues illuminées du centre ville. Oslo compte aussi ses SDF. Qui sont-ils ? Migrants, pauvres à la rue ? Toujours est-il qu’ils sont là, assis par terre, emmitouflés dans des épaisseurs qui de couvertures, qui de duvets, se protégeant du froid du mieux ou du moins mal qu’ils peuvent. Des organisations d’aide humanitaire sont présentes à leurs côtés sans que l’on sache s’il s’agit d’ONG ou d’organismes gouvernementaux. Impossible de déchiffrer les inscriptions en norvégien des lieux d’accueil.
Malgré le froid vif, nous nous promenons dans des rues illuminées et assez fréquentées. Nous regagnons ensuite notre hôtel après nous être restaurés.

Nous nous réveillons le lendemain matin dans une ville recouverte par la neige tombée dans la nuit.
Il fait moins froid que la veille. Le jour n’est pas encore levé lorsque nous nous dirigeons vers la gare. Nous allons prendre le train qui va nous mener d’Oslo à Bergen où nous attend le MS Vesterålen. Le train est en retard mais finit par se mettre à quai à notre grand soulagement. Les paysages que nous traversons sont de toute beauté et nous arrivons en fin d’après-midi à Bergen. Non loin du port nous nous promenons sous la pluie dans un quartier de maisons en bois.

Nous embarquons sur le MS Vesterålen où nous retrouvons E. avec qui nous communiquons depuis quelques temps sur internet à propos de notre voyage en Norvège. La nuit est bien tombée lorsque nous appareillons sous une pluie battante.

Le lendemain matin, la météo reste capricieuse.Tout est  inédit pour nous, le bateau, les paysages, la lumière. Peu après midi, nous accostons à Ålesund. Nous descendons à terre visiter la ville. Nous reprenons ensuite notre pérégrination vers le Nord.

Revenons un instant sur Ålesund. La ville, construite en bois, fut ravagée par un incendie le 23 janvier  1904. Il ne fallut que trois ans pour que sorte de terre la nouvelle ville. Les édifices au nombre de 350 furent bâtis de briques et de pierre dans le style Art nouveau. Des lignes générales furent définies par le responsable de l’administration en charge du projet mais une grande liberté fut laissée aux architectes. Les bâtiments sont d’une grande diversité tout en reflétant une belle unité. Le résultat est exceptionnel.

Il doit être aux alentours de 18 h lorsque nous accostons à Molde.
La nuit est largement tombée. L’arrêt ne dure qu’une demie heure et E. nous a prévenu que la ville n’était pas très intéressante. Nous descendons cependant à terre et je m’éloigne sur le quai verglacé pour prendre quelques photos du bateau.
Et là…verglacé, c’était peu dire.
Ziiiiiiiiip ! Zap!Zap!Zap… Mais pas Paf ! Les initiées comprendront .
En attendant, les initiées sont hilares. Pas charitable.


Nous assistons à l’embarquement des véhicules et aux manœuvres de départ puis nous allons dîner. Le soir, la table retenue est toujours la même. E. a demandé, et obtenu, que nous dînions ensemble et c’est ce que nous ferons tout le voyage. Il est un compagnon agréable et discret. Les repas du soir sont soignés et servis à la table par un équipage sympathique et prévenant.
Au début nous nous sommes demandés ce que nous allions bien pouvoir faire de nos longues soirées d’hiver qui commencent vers 16 heures. Puis nous avons vite découvert qu’il y avait beaucoup de choses à voir sur le bateau et en dehors. Il est impératif de s’abandonner au voyage, de se laisser porter par ce nouveau rythme de vie, de se glisser dans cet entre deux qu’est la navigation côtière. La terre si proche et la mer sur laquelle nous glissons sont intimement liés, dédales d’iles et de fjords, dentelles de rochers ciselées par le ressac, neige et écume qui s’épousent au ras des flots.
Mais pour ce soir, au lit.